Mardi 19 mai 2015 :

Concrètement, je n’ai rien foutu aujourd’hui. Mes exams dans deux semaines ne me stressent pas assez pour me mettre à bosser. Je pourrais avoir une mention en m’y mettant bien, mais franchement je ne vois pas ce que ça pourrait changer. Je suis en 3ème année d’une école supérieure et à deux semaines prêt je ne vais pas révolutionner mon projet de fin d’études.
Par contre, j’ai pris le temps de me ballader sur internet. Je suis retombé sur un vieux site que j’utilisais ado, lorsque toutes ces questions de sexualité m’étranglaient. Ou j’étais mal dans ma peau, parce que je ne me sentais ni mignon, ni accepté, que ce soit dans une communauté gay violente, qui était dans la représentation ou à la maison ou j’avais peur de parler avec un père violent et une mère absente.
J’ai repensé à cette époque … À la communauté gay bien moins supportive qu’on ne le laisse croire. Cet age ou je passais dans le marais et regardais tous ces garçons à l’air si surs d’eux, si intimidants. Ils étaient beaux, musclés, bien habillés, riant fort … Ils étaient en groupe et je me sentais comme le vilain petit canard. Pourtant, j’étais plutôt mignon, du haut de mon mètre soixante-quinze, brun aux yeux noisettes. Avec un air de bébé, bien sur, mais toutes ces fois ou j’ai essayé de prendre contact, on m’a refoulé. J’aurais aimé que l’on me dise « Ne t’inquiète pas, tout vas bien se passer. Je suis passé par là. Tout vas bien se passer. ». Être bienveillant.
La communauté gay est violente.
Regardez tous ces garçons, vous pouvez être sur que tous ont une histoire. Souvent une histoire loin d’être réglée.

Vendredi 22 mai 2015 :

8 minutes d’abdos.

50 pompes,
Exercices d’haltères.

50 pompes,
Exercices d’haltères.

50 pompes,
Exercices d’haltères.

8 minutes d’abdos.

C’est ce qui remplace mon café le matin. Je suis maintenant en sueur. J’ai toujours été fin, plutôt intellectuel que sportif, mais m’immerger dans l’eau et mater les jolis garçons à la piscine a été une assez grande motivation pour garder une silhouette élancée. Maintenant que j’ai 22 ans, j’ai envie de m’épaissir.
Je contracte mes biceps et n’arrive même pas à en attraper la moitié avec ma main. Ouai, ça commence à me plaire tout ça. Et ces jolies lignes qui parcourent mon torse. Dommage que personne ne sois là pour le voir … Décidément, le sport me réchauffe autant le corps que les idées !
Après ma longue douche, je passe la main sur le mirroir embué de la salle de bain, qui laisse découvrir mon visage. Une barbe de trois jours, des cheveux bruns en bataille, des yeux noisette. Un grand sourire.
J’entends toquer à la salle de bain et des rires. Non, non, pas de frère et sœurs ou de parents, simplement mes deux colocs un peu folles. On a tout les trois appris à vivre seuls depuis longtemps et il c’est avéré que vivre seuls ensembles est plutôt une réussite. Je sors donc avec ma serviette nouée autour des hanches, sous les sifflements de Aïcha, petite brune marrocaine qui cours pour prendre la salle de bain avant que Marie qui lui court après ne la rattrappe.
Elles sont belles comme tout, l’une arabe, avec de longs cheveux bouclés qui tombent jusqu’au bas du dos, très naturelle, se maquillant peu et l’autre métissée africaine mais d’origine espagnole, presque aussi grande que moi, avec une affro et toujours très sophistiquée.
Aussi folles l’une que l’autre. Elles cassent tout sur leur passage et s’en fichent royallement. On habite dans un duplex, le grand salon, la cuisine et la chambre d’Aïcha au rez-de-chaussé et ma chambre et celle de Marie au 1er, aux deux etrémités d’un long couloir ou se trouve un grand escalier en bois et la salle de bain.
Ma main ne peut s’empêcher de filer vers mon portable. Je suis un peu accroc je dois dire, me connectant tour à tour à Grindr, Hornet et Tinder, dans la recherche vaine d’un message original ou de beaux pectoraux pour me motiver avant cette journée de cours.
Nous sommes tous les trois en troisème année dans une grande école d’art. J’y ai rencontré Marie en première année, puis Aïcha en 2nd.
Bon. Il n’est que 9h, les cours commencent à 10 et on habite à deux pas. Je peux me perdre un peu sur les réseaux. Je chauffe quelques mecs. Mais comme toujours, aucun ne retient vraiment mon attention. Grindr est une sorte de tamagochi moderne. J’y entretiens des relations virtuelles avec des hommes-animaux que je nourris régulièrement de doux messages et de photos trashs.
Parfois, mon sang chauffe, le sang pulse et rempli chaque centimètre de ma queue, et je finis par baiser, animal, le premier qui rempli assez de mes critères pour que je ne me sente pas trop mal de l’inviter. Je rempli le corps de l’autre, jouissant égoistement de l’image qu’il me renvoie. Puis je regrette. Décide que plus jamais je ne le ferais, et que je le ne reverrais pas. Mais à qui puis-je mentir ? Je sais que dans quelques jours, toutes mes bonnes résolutions tomberont face à un bon coup de reins.

Mercredi 3 juin 2015 :

Si seulement c’était face à un seul coup de reins que mes résolutions sont tombées …
Je suis une véritable salope parfois.
Je suis assis à la terasse du café le rendez-vous à Denfert attendant une amie pour prendre un café (Odile, en retard, comme d’habitude) et je repense à ce début de semaine chargé.
Tout a commencé lundi dans une expo ou je suis allez, seul, au palais de Tokyo. Déambulant entre les œuvres, dans un short laissant voir mes mollets recouverts de poils bruns et moulant mon ptit cul, je me suis fait approcher par un mec en jogging. Entre 25 et 30 ans, au look sportif et pourtant intelligent, il c’était fait laché par une amie. Ça a commencé par quelques blagues, puis une caresse dans mon dos lors d’un éclat de rire, et ça a fini par une pipe violente dans les toilettes. Extrêmement excitant je dois dire, de sentir sa bite bandée dans son jogging alors que l’on marchait dans les couloirs. Il ne se genait pas de me faire voir la bosse énorme déformant son pantalon. Je n’ai pas pu empecher ma main de passer dessus … Subtilement au début, puis d’une façon plus compulsive. Le désir dans ses yeux m’a fait vibrer de désir. J’avais envie de sentir sa lourde queue dans ma main. Et ça n’a pas manqué, quelques minutes après, il me plaque contre la paroi des toilettes. Il m’embrasse lourdement, sa bouche prenant possession de la mienne, ses doigts trouvant le chemin de mes pecs, pincant mes tétons, et il n’en faut pas plus pour me faire bander raide. Il m’a alors mis à genoux, j’ai sorti son sexe puissant, lécher les quelques gouttes de plaisir coulant déjà le long de son gland, et il m’a baisé la bouche, plaquant ma tête contre le mur. Il m’a baisé jusqu’à se vider en quelques râles virils dans ma bouche. Je n’ai pas eu de mots à dire, et ça m’a fait gicler contre mon torse. Il m’a laissé là, béant, éssouflé, rempli de sperme, sans même fermer la porte, alors que je pouvais entendre un mec pisser dans les chiottes d’à côté.
Je me suis senti mal, sale, mais j’ai ris. Ris de l’absurdité de la chose, ris de ce que le désir peut m’ammener à faire, ris de la vision dans le miroir de mon corps souillé, et pourtant si sexy, le fruit du plaisir de cet homme coulant sur mon menton.
Pas un aurevoir, pas un regard, mais une envie assouvie.
Eh bien je ne me rappelle pas de cette expo, à part de la vidéo de cette mère crachant sur son fils, me rappelant éttonement ma situation présente.

Et mardi, parlons de mardi. J’ai vu Simon, mon bel éphèbe aux yeux verts. Réalisateur et pute à ses heures perdues. Des abdos en béton et un sourire désarmant. Il est beau, bien trop beau pour moi, et pourtant dieu sait que j’ai confiance en mon physique ! Pourtant, je vois à la façon dont il me regarde que je l’ai charmé et qu’il ne me lachera pas de si tôt.
Il me plait. Intelligent, beau, attentionné, riche (par la force des choses). Il habite (en coloc aussi) dans un appartement gigantesque, un loft avec des fenêtres jusqu’au plafond. Dans sa chambre, il a fabriquer de ses jolies mains un système étrange, sur le mur du fond il a installé une toile noire ou il a cousu des leds, et cela se reflète dans toutes les vitres et miroirs de sa chambre, on se croirait au milieu de la voie lactée. Je baise la tête dans les étoiles ! Son corps musclé bougeant en moi, lentemant, contrôlant chacun de ses mouvements … Il m’a pris, gentilment, doucement, avec précaution. Même sa façon de me faire l’amour est éttonante, je n’ai pas l’habitude d’autant de précaution de la part d’un garçon. Bien souvent, c’est violent et douloureux … Mais ça ne m’empêche pas d’aimer.

Je me rends compte que j’aime découvrir de nouveaux corps. Bien vite, je me lasse. L’excitation de la première fois redescendue, je n’ai souvent pas envie de les revoirs. Surtout si eux même le veulent ! Je fais partis de ces garçons qui aiment les badboys. Les insaisisables. Les joeurs. Et pourtant je veux de l’attention. J’aime qu’il me fasse comprendre que je lui plait. Qu’il m’envoie des messages mignons, bande pour moi lorsque je lui passe la main sur la cuisse. Qu’il me plaque contre un mur et m’embrasse … Je veux qu’on me fasse tourner la tête.

Jeudi 4 juin 2015 :

Eh bien hier soir, ça a fini dans les buissons de l’hôpital Bichât. Décidément, j’aime bien faire ça en extérieur ! Après mon café avec la jolie Odile, ses quelques rondeurs n’enlevant rien à sa beauté, cheveux bouclés entourant son visage souriant et ses yeux rieurs. On a discuté des heures durant des amours, elle se moquant gentiment de ma tendance à collectionner, moi essayant de comprendre la complexité de ses rapports avec le mec avec qui elle a couché la semaine dernière, qui est aussi l’ex de son ancienne meilleure amie et qui fricote avec sa pire ennemie. Ah ! Les hétéros. Au moins chez les pédés c’est simple, on se tate la bite, se renifle le cul et on voit si ça marche. Dès que ça devient compliqué, on tourne la page et on laisse le suivant écrire dedans avec son gros pinceau.
C’est bien ce qu’il c’est passé hier soir, en rentrant je me suis connecté sur Grindr, l’esprit légèrement échauffé, mais ne voulant pas de plans direct, un garçon à qui je parlais déjà m’a proposé de fumer une clope, et j’y suis allez, l’esprit innocent. La clope a vite été remplacé par quelque chose de plus gros, il m’a entrainé dans un recoins tranquille et je l’ai sucé allègrement. Passant ma langue de ses boules à son gland, sous son sourire coquin. Il a joui dans ma main gauche alors que je gicle dans ma main droite, et je me suis essuyé sur les feuilles d’un buisson.
C’est un côté que je cache un peu à mes colocs. Bien qu’on parle de tout, Aïcha est encore vierge et Marie est en couple depuis des années.
Je parle plutôt de ça dans mes projets, de manière détournée. Je traite des questions de genre, de la sexualité moderne, des réseaux sociaux. J’essaie de passer par mes images la violence du milieu gay, les troubles que certains peuvent contenir, moi le premier, en essayant de ne jamais mettre de « je ». À travers l’illustration, mais aussi dans des réalisations plus graphique. Écrire ici me permet un peu de mettre à plat ma vie, me permet de discerner ce sur quoi j’ai envie de travailler. Si il y a un lien dans tout ce bordel.
Ça me permet de mieux me comprendre aussi. Mieux comprendre tous ces mécanismes. J’ai d’ailleurs eu une meilleure idée de la façon dont mon homosexualité c’est construite en lisant Freud*, la dernière fois.
J’ai grandit avec un père violent et une mère effacée. J’entendais les hurlements de mon frère se prenant des coups de ceintures alors qu’il me protégeait. Quel que soit la bêtise que j’avais pu faire, il disait toujours que c’était de sa faute. Ça marchait, parfois. Je serais toujours reconnaissant à mon grand frère pour ça, bien que ça ne m’ait pas empêché de m’en prendre souvent. Ça se compte au nombre de cicatrices parcourant mon corps. Elles s’estompent au cours des ans, mais je me rappelle de chacun d’elle. Un jour, alors que j’étais au collège, je ne me suis pas réveillé. Mon père a déboulé dans ma chambre, fou de rage, m’a balancé un seau d’eau qui m’a fait bondir hors du lit, à poil, et il m’a roué de coup avant de me laisser au sol. Je me suis enfui, sans prendre de douche, et je suis arrivé en cours mon t-shirt blanc taché de sang. C’est ce jour là ou j’en ai parlé pour la première fois. Deux filles de ma classe que je connaissais pourtant à peine m’ont pris chacune par un bras pour me sortir de là, j’avais encore l’esprit embrumé, et elle m’ont douché et penser mes plaies. J’ai fondu en larmes, et entre deux hoquets avoué sous leurs yeux choqués ce qu’il se passait.
Ce sont les premières à m’avoir dit de porter plainte. En parler. Hurler. Bien sur, j’avais trop peur, mais lorsqu’il a voulu ré-essayer, je l’ai poussé. Ça l’a étonné, je ne m’étais jamais défendu avant. Quelques années après, j’ai fais mon sac et je suis partit. Depuis, j’ai appris à me débrouiller seul.
J’ai un frère et une sœur. Respectivement de 5 et 10 ans de plus. Les deux sont partit le plus loin possible de Paris, de la France et ont construit des vies assez incroyables. L’une est devenue professeur en Amérique du Nord et l’autre développe des applications iphone dans une grande boite londonienne et roule en Porsche. Moi j’ai fini par passer les concours des grandes écoles et j’ai été pris dans l’école de mes rêves. Comme quoi.
Ce rapport avec mon père m’a marqué pour toujours. De multiples façons. Comme je disais plus haut, je pense que ça a influencé mes tendances homosexuelles. Freud dit que chaque tendance vient d’une construction lors de l’enfance. Je ne pense pas qu’on naisse gay, à vrai dire je pense que nous sommes tous bi (et j’ai couché avec assez d’hétéros pour savoir que ce côté là n’est pas tellement enfoui), mais certains l’assument et d’autres peuvent se le cacher durant toute leur vie.
De mon côté, c’était impossible. Normalement, un fils veut prendre la place de son père pour conquérir sa mère. Hors, face à un père violent et un mère effacée, j’ai toujours recherché l’amour d’un homme. Des câlins masculins, ayant perdu toutes confiance dans le sexe féminin. Ce besoin allant jusqu’à l’assouvissement à la chaine …
Cette histoire a aussi d’autres côté, moins drôles, car finalement être gay m’a permis un certain équilibre. Je me retrouve à sursauter dès que quelqu’un lève la main ou fait un geste un peu trop brusque. Ou de manière moins subtile, lorsqu’un garçon enlève sa ceinture un peu trop rapidement. Pourtant, je n’en ai jamais parlé à mes amants (et d’ailleurs, à peu d’amis), ne voulant pas que l’on me prenne pour quelqu’un de faible. Le regard change après que l’on ai raconté ce genre d’histoire. Pourtant il ne faut pas s’en faire, je suis un garçon rempli de vie, qui aime rire et faire des choses, extrêmement social, marchant toujours de face entouré d’une brande, la tête haute. J’ai construit une sureté inébranlable en prenant le décision que plus personne, jamais ne me marcherais dessus.

Vendredi 5 juin :

Le temps se réchauffe. Mon examen approche, j’ai postulé dans des stages à effectuer cet été aux quatre coins du monde. J’en reçois déjà des réponses, beaucoup négatives, parfois intéressées, j’ai d’ailleurs un entretient sur rami d’ici quelques minutes pour un stage à Madrid dans une boite de design graphique (ma spécialité). Pour mon diplôme, je dois remplir une salle de ma production et tenir un oral d’une trentaine de minutes expliquant ma démarche. Je n’ai pas peur de l’oral, ni de la production d’ailleurs. Je vois tout ça comme un jeu, une sorte de représentation théâtrale ou j’aurais réfléchis au moindre détail. Passant de mes photos pleines de perspectives et de rythmes où je parle de pénétration, à mes affiches ou je met en place mes théories sur l’autre et le travail à plusieurs amenant à mes illustrations sur les thèmes gay et les théories de genre et enfin mes sculptures représentants les rapports entre actif et passif.
Actif et passif. C’est drôle ces termes déjà, il y a directement une notion de supériorité. Un besoin de cadre, de choisir une position sexuelle. Et plus qu’une position sexuelle, c’est une position sociale qui est déterminée, d’une façon presque binaire, copiant le modèle hétérosexuel.
Tout ça sur fond de libido, passant de Freud à Lyottard*.

En parlant de libido, je suis bouillant ! Mais j’ai envie d’être calme ce soir, me taper un porno, pouvoir me branler pendant des heures, retenir ma jouissance et exploser sur mon torse. Parfois, je me retient tellement longtemps que lorsque je joui, ça gicle jusque sur mon visage. J’entrouvre les lèvres, pour gouter mon sperme, et j’ai l’impression de réaliser mes fantasmes, d’avoir fait jouir ces beaux garçons qui sont dans mes vidéos. Je vais souvent sur MaleMotion, j’aime bien ce site de vidéos amateurs, c’est plus facile de se projeter parmis ces garçons lorsque c’est filmé avec un téléphone portable. Putain, ce que je kiff ces vidéos tournées dans des chiottes où on voit un mec se faire enculer violemment contre un lavabo, ou ces mecs qui osent se branler dans un RER, aussi vide soit il.

Lundi 8 juin :

Putain, mon lit grince. L’horreur. J’ai pété un latte à force de me branler énergiquement. J’étais en pleine action intensive lorsque ça a lâché. Et je ne parle pas de ma semence, mais de la barre extérieure de mon lit. Eh bien ça m’a cassé ! Depuis j’ai mis un message sur Grindr espérant trouver un mec un peu bricoleur, mais ce n’est pas le genre d’outil qu’on achète à Bricorama que je reçois en photos.. Cette connerie d’Ikea. Bah, je trouverais bien quelqu’un pour le fixer, et on testera le lit pour le remercier.
D’ailleurs, j’ai été pris à Madrid ! Je pars juste après mon diplôme qui est demain. J’vais d’ailleurs allez me pieuter pour être bien reposé. J’ai passé la journée à installer ma salle, je suis assez fier de moi. J’ai esclavagisé 3-4 première année pour m’aider, et tout est parfait. Je passe en début d’aprèm, souhaitez moi bonne chance ;)

Mercredi 10 juin :

Je valide mon DNAP avec mention prise de risque et engagement. Ça me convient plutôt bien ! J’aimerais montrer ça à tellement de gens, montrer à quel point on peut évoluer, que ce garçon timide c’est transformé en joli papillon. Sur un promo de 30 on est 5 à avoir eu des mentions. J’ai crié de joie au milieu de ceux en pleurs qui ne l’ont pas eu. Mais bon, pas le temps de s’apitoyer, je dois préparer mes affaires pour partir au soleil. La vie me réussi plutôt bien en ce moment.
Il ne me reste plus qu’à me faire arroser (au champagne) et c’est partit.

Lundi 15 juin :

Sentir son corps s’envoler, la tête légèrement tourner, toutes ses sensations que l’on fini par connaitre si bien à force de prendre l’avion.
Il est 6 heures du matin et je m’envole pour Madrid. Tout c’est fait tellement vite. J’ai eu mon diplôme, 3 jours de gueule de bois où j’ai trouvé une coloc’ dans le centre et je suis partit après les baisers baveux des filles.
Nouvelle vie. Ça promet d’être l’auberge espagnol, et je me sens comme Romain Duris, entrant dans une coloc’ avec 6 jeunes de toutes nationalités, prêt à découvrir cette ville où je n’ai jamais foutu un pied, et tout défoncer, dont le cul de ces espagnols si réputés pour leurs poils et leurs muscles.

Vendredi 19 juin :

Quelle semaine chargée ! J’ai rencontré un garçon, il s’appelle Alejandro. Il me fait vraiment craquer. Il est brun, ténébreux, macho, mais au fond de ses yeux je vois une grande gentillesse.
On a parlé quelques jours par messages, avec mon espagnol encore incertain c’était difficile, puis hier soir il a eu un coup de chaud et il m’a dit de venir. C’était un ordre. Je devais me désapper dans l’entrée et me présenter nu face à lui. Il m’attendait sur le canapé les cuisses écartées, la queue à la main.
Il était beau. Encore plus beau qu’en photo. J’avais un peu peur, j’avoue, de me retrouver face à quelqu’un d’autre totalement, alors ça m’a rassuré. Je bandais déjà, la situation était extrêmement excitante … Il m’a regardé de haut en bas, je me suis senti jaugé, évalué, et avec un sourire il m’a fait comprendre qu’il aimait ce qu’il voyait. D’un signe de tête il m’a fait comprendre que je devais m’agenouiller, et il m’a regardé alors que j’approchais mes lèvres de sa queue bandée. Il était assez imberbe, un torse bien fait, des poils bruns au pubis, assez peu au torse. Juste ce qu’il fallait aux pecs. Je pense qu’il se rase. Deux belles boules bien lisses, sur lesquelles trône une magnifique bite avec un beau gland rose. Sa queue doit faire dans les 18-19 centimètres. J’en ai déjà vu des plus grosses, d’ailleurs la mienne est plus grosse, mais elle est quand même très belle. J’ai lécher ses couilles d’abord, avant de remonter avec ma langue jusqu’à son gland que j’ai gobé. Il a gémit légèrement. J’ai commencé à la pomper et il a rejeté la tête en arrière, mis ses mains derrière la tête et c’est détendu pour apprécier la pipe. J’avais une vue plongeante sur ses aisselles et son torse aux fins abdos. C’était bandant. A un moment il a pris ma tête de ses mains et il augmenté le rythme. J’ai compris qu’il avait envie de gicler bientôt, j’ai commencé à me branler plus vite. Quand j’ai senti le gout de son foutre dans ma bouche j’ai giclé dans ma main. Il a gardé sa queue dans sa bouche jusqu’à débander, je l’ai bien nettoyé puis je me suis léché la main. Il n’y avait pas eu une parole. Il m’a emmené par la main dans la douche et il m’a nettoyé, puis il m’a allongé dans son lit. On a commencé à s’embrasser et il a recommencé à bander, il m’a mis à 4 pattes pour me lécher le trou. Il m’a foutu un doigt, puis deux, et enfin sa queue. Putain, c’était bon. Ça m’a même pas fais mal, j’étais bien détendu. Il a commencé à bouger en moi et j’étais raide. A chacun de ses coups de reins je sentais ma queue taper contre mon torse. Il m’a ensuite mis sur le dos, j’avais une cheville sur chacune de ses épaules. Il m’a rempli violemment, en m’embrassant sauvagement, je me branlais en gueulant pendant qu’il me baisais. J’ai giclé sur mon torse alors qu’il était bien au fond de moi, j’ai pas pu me retenir, j’en pouvais plus. Je sentais chaque centimètre de sa queue m’écarter le cul. Il c’est retiré, a enlevé la capote puis il a rajouté une bonne dose de sperme par dessus avant de s’écrouler sur moi. Je me suis endormi comme ça, le corps souillé, m’abandonnant à la luxure et l’excès, ayant apaisé mon penchant animal pour ce soir.

Lundi 22 juin :

On est 6, une coréenne, 4 espagnols et moi. C’est le bordel, j’aime ça. Ça m’aide à penser à autre chose. Même si je me sens tellement loin de tout et de tous.
Ça fais quelques jours maintenant que je suis devenu madrilène et j’ai déjà réussi à craquer sur un garçon. On a violemment baisé puis il m’a pris dans ses bras toute la nuit. Je me suis réveillé alors qu’il était suis la douche, j’ai pris mes affaire et je suis partit. Je suis rentré au petit matin, voguant dans des rues que je ne connaissais pas, avec rien sur le dos alors que je devrais aller au travail.
Je m’occupe d’une ligne de textile, du côté du design graphique et de l’illustration. Comme souvent ici, les horaires sont plutôt cools, et je suis très fort pour tenir des courtes nuits.
Depuis que je suis arrivé, il n’y a pas un soir ou je ne suis pas sorti. Ce qui est drôle pendant que je n’ai encore rien visité, alors que j’ai passé des nuits en boîte. J’écris en cette seconde dans le métro pour le boulot alors que je suis rentré du BarCo à 5 ou 6h.
C’est drôle, c’est mon anniversaire dans quelques jours. Je suis loin de tous ceux que je connais. Ici, probablement personne ne le saura. Chaque année, j’arrive à me retrouver seul. Est-ce inconscient ou contrôlé ?
Comme d’habitude, j’ai passé l’année à dire des dates inexactes.
Mon dieu, je suis en retard, tellement en retard.
Et je parle bien trop.
Aujourd’hui je n’ai pas de but, j’ai juste envie de continuer à divaguer sur tout et rien. C’est un peu ma vie finalement, des milliers de choses et rien en même temps. Je suis dans un perpétuel engrenage digne d’une série télé, et en même temps je ne laisse rien se construire de manière plus profonde. C’est sûrement parce que je pousse tout à un point fou qu’il se passe tant de chose.
Des le premier soir ou je suis arrivé, je me suis fais une bande de pote. Une amie d’amie qui m’a invité à une soirée. J’ai joué le grand jeu, séducteur, drôle, sérieux, mais ils n’étaient pas de reste. La fille en question est assez intéressante.
Alex. Elle s’appelle Alex. Décidément, les Alex rythment ma vie.

Mardi 23 juin :

Je comprend beaucoup mieux le film l’auberge espagnole maintenant que j’ai du répondre pour la première fois au téléphone. Et je viens de rencontrer ma cinquième coloc en me réveillant, une grande blonde hôtesse de l’air, habillée en costume avec sa petite valise. Ça avait un côté absurde quand elle marchait dans notre long couloir. À côté il y a cette petite Coréenne absolument adorable, en face le grand Esteban, et deux jolies espagnoles se ressemblant comme deux gouttes d’eau. Tous parlant dans un joyeux mélange d’anglais et d’espagnol. Oh bordel!

Mercredi 24 juin :

Aujourd’hui une fille de mon école m’a demandé d’écrire quelques lignes sur mes cicatrices. Elle ne sais pas à quel point c’est difficile. Déjà parce que ces cicatrices sont quelque chose qui font parti d’une autre époque et que je n’ai pas envie que cela me définisse. C’est le symbole d’un passé, d’une étape. Mais c’est aussi symbole de secret et d’enfermement. Plus que les marques de coups qui ont marqué mon corps, il y a celles infligées de ma propre main, quand me suis ouvert les veines pour libérer toutes ces choses que je ne pouvais pas dire à haute voix. Maintenant, ces cicatrices crient ma souffrance aux yeux de tous. C’est à la fois une action extrêmement intime, mais forcément visible, donc qui appelle les autres à rentrer dans cette intimité. Le genre de comble dont la vie se délecte. C’est un comble aussi d’écrire sur ça, alors que tout est partit de l’impossibilité de parler. De parler de l’homosexualité, de ma famille, ou des problèmes de l’adolescence. Lorsque je les regarde, ça me rappelle d’où je viens et ce par quoi je ne veux plus passer. Chacun a son histoire, j’ai gravé une partie de la mienne sur ma peau.

Jeudi 25 juin :

Découverte du Flamenco. J’ai l’impression d’accéder à des choses tellement sombres et secrète, dans cette minuscule salle dans Lavapiès. Le garçon devant se connecte à grindr, il se retourne, nos regards se croisent, je lui accorde un franc sourire, engageant et séducteur. Le rouge lui monte aux joues en une fraction de seconde. Mais, même si jouer m’amuse, ce soir il n’aura pas la chance de m’approcher. Car je suis avec Alejandro. C’est lui qui connait la danseuse et qui m’a emmené sur sa belle moto blanche. C’est l’équivalent moderne du cheval blanc du prince charmant, non? Je fais celui légèrement intimidé pour pouvoir mieux m’accrocher à lui, alors que j’ai remonté l’année dernière une partie de la côte brésilienne en moto. Ah! Si il savait, le pauvre innocent.
Bon, le légé problème c’est que je pars dans quelques semaines.
J’ai fais des économies et j’ai décidé de m’offrir un grand voyage sur les routes japonaises. J’aime me laisser porter par des idées folles et me donner les moyens de les réaliser. Je n’ai plus peur de rien. J’aime dépasser mes limites et prendre des risques, partir plus d’un mois seul dans un pays totalement inconnu en fait partit.
Mais il est craquant ce petit Alejandro avec cet air protecteur et en même temps légèrement macho, extrêmement viril, mais en tous points attentioné à mon égard … Ça me fait fondre

Vendredi 26 juin :

Encore. Ça arrive encore. J’ai découvert des boutons sur ma queue aujourd’hui. Juste avant d’allez rejoindre des potes à Tribunal. Ça m’a fait freak out. C’est peu être rien. C’est sûrement rien. Et si c’est quelque chose, ça se soigne. Mais damn, il faut vraiment arrêter ça, entièrement.

Mon sang pulse trop vite, je l’entends vriller mes tempes. Mon cœur se serre, j’ai comme le besoin de marcher en entourant mon torse par mes bras. Contenir un trop plein. Contenir tout ça qui risque de tomber et d’exploser sur le sol si je ne le force pas à rester où il est. J’avance titubant mais je sais que si je m’arrête, m’allonge, ce sera pire. Tant que je suis en mouvement ce n’est pas capable de me posséder entièrement. Il faut que je rejoigne la nuit, que je danse, que je me fonde dans cette foule jeune et insouciante, que je boive, et la, peut être, j’arriverais à respirer.

Samedi 27 juin :

Il y a un an jour pour jour je dansais dans les bras d’une belle blonde au son des notes d’un piano dans une gare parisienne, alors que je rentrais d’un mois de travail à Bilbao, en Espagne.
Aujourd’hui ça fais quelques semaines que je travaille à Madrid et je fais de la sérigraphie en face de la scène du RIZOMA.
J’ai passé la nuit malade, à vomir, c’était assez atroce comme matinée d’anniversaire, mais bon, après tout, mes anniversaires sont toujours spéciaux !
Je n’ai dis à personne à Madrid que ça l’était, mais les filles ont du le découvrir via facebook vu qu’elles sont venues me voir au festival.
Il fait beau, chaud, il y a des gays et je me fais draguer de partout, je meurs de faim. J’espère m’en souvenir dans quelques années.

Mardi 30 juin :

J’essaie de me suicider depuis des années, et je ne le réalise que maintenant.
A partir de mes 13 ans je crois, j’ai commencé à m’ouvrir la peau. Je me suis fais saigner, jusqu’à toucher les veines, pendant des années. J’en porte des cicatrices que je garderais toujours.
J’ai arrêté vers 15-16 ans, puis j’ai commencé à me faire des piercings. Les oreilles d’abord, 2 trous, un écarteur, puis le cartilages, 4, puis la langue, la nuque, la joue, le nombril et même le sexe.
A 18 ans, j’ai arrêté. Là encore je garderais des cicatrices toute ma vie. Je porte d’ailleurs toujours mon piercing à la nuque.
À 18 ans, j’ai découvert le sexe avec les hommes. J’ai fais ma première fois sans préservatif. Et depuis, je pense qu’il y a plus de garçons avec qui je l’ai fais sans qu’avec. Et ça ne se compte pas sur les doigts d’une main, plutôt par dizaines.
J’ai 22 ans, 23 dans deux semaines. J’ai couché avec minimum un garçon par semaine. Parfois, je pouvais faire 2 ou 3 plans par jour. Je dirais par un simple calcul que j’ai du couché avec 300 ou 350 garçons au minimum. Des chiffres qui pourraient paraître incroyables pour beaucoup, mais qui sont mon quotidien.
Je ne me rappelle jamais de leurs prénoms, et, à vrai dire, je m’en fou. Je maîtrise parfaitement les jeux de la séduction, et je profite du fait que je sois beau garçon.

Ce qui est pernicieux, c’est que cette mort est toujours cachée par le plaisir ou l’esthétique. Au moins, lorsque je me mutilais, l’aspect mortel était clair.
Le plaisir de l’aiguille traversant ma peau était caché par la recherche de style, et la mise en danger avec ces garçons par le plaisir du sexe. Plus que le sexe, la mise en danger passe aussi par le fait de rencontrer des inconnus, aller chez eux. Cela a dérapé avec des fous une fois ou deux même si j’ai toujours su le gérer.
En parallèle de ça, j’ai toujours fumé et pris de la drogue. Bon, la drogue c’est plus occasionnel maintenant, mais j’aurais pu facilement y tomber si je ne détestait pas tant perdre le contrôle et altérer mes capacités. Même si mon dieu, parfois je rêve d’un ecstasy.
Mais d’où viens cette haine ? Pourquoi cette souffrance ?
Je suis plutôt beau garçon, sans problème d’argent, plein d’amis, je réussi dans mes études …
Si je veux arrêter ce process destructeur, il faut que je comprenne. Pourtant, je n’ai aucune idée.
Il y a un mois ou deux, j’ai été positif à la gonorrhée. Aujourd’hui, je viens d’apprendre que j’avais la syphilis. Si je continue comme ça, ce sera bientôt au VIH.
J’ai juste envie de prendre des pillules et de m’endormir, arrêter tout ça. Cette blague, cette vie sans but.
Rien ne me rend heureux, j’ai toujours le sourire, beaucoup d’amis, et pourtant au fond j’ai une grosse faille.
J’aime passer des heures devant des séries, ne plus penser à rien, oublier. Me voiler la face.
Je ressens toujours ce besoin de partir loin, m’enfuir de tout et tout le monde.
Partir seul. Ces voyages sont soupoudrés de mélancolie, là-bas, je m’autorise à passer des heures seul, sans le sourire. Je suis partit à new-York pendant des mois, puis Montréal, puis Londres, puis Bilbao… Maintenant, mon prochain but est le japon.
Seul, seul, seul.

Jeudi 2 juillet :

J’ai commencé le traitement contre la syphilis. C’est une maladie de merde, hargneuse, ça va laissé une « cicatrice » dans mon sang durant au moins un an. Même si je redeviens négatif, ce sera toujours visible. J’ai eu peur de l’avoir refilé à Alejandro, où à tous les autres mecs avec qui j’ai couché dernièrement d’ailleurs, du coup, je leur ai écrit, un par un.
Walk of shame. Mais je n’aurais pas pu me regarder dans le mirroir si je ne leur avait pas dis. D’ailleurs, j’ai envie de savoir qui me l’a refilé ! Je pense que c’est Gauthier, pourtant on a pas vraiment baisé. Je me suis juste frotté à son magnifique petit cul, et j’ai du rentrer à peine un centimètre de mon gland, mais il était trop serré, ça m’a explosé. Bref, en plus je suis allergique à la péniciline, la syphilis ça se soigne normalement grâce à une simple piqure, hors là je vais devoir prendre des pillules plusieurs fois par jour, en évitant le lait et … le soleil !! Pratique à Madrid. Alejandro ne m’en veut pas, heureusement on c’est toujours protégé, il me dit que ça lui ai déjà arrivé et que ça n’est pas bien grave. Ouf.

En parrallèle de ça, l’Orgullo Gay a commencé hier. C’est incroyable, des milliers de gays réunis à Chueca pour faire la fête. C’est la gaypride mais qui dure sur plusieurs jours à Madrid, j’ai entendu dire que c’était la plus grande d’europe. Déjà que je sortais beaucoup, là c’est la folie. Philippe me rejoint à madrid jusqu’à dimanche. C’est un Québecois que j’ai rencontré en boite à La Java à Paris au début de l’été. Il est en roadtrip à travers l’europe, et il a décidé de profiter d’aller à Barcelone pour venir me voir. Il est présentateur télé (ou plutôt apprenti), extrêmement beau et drôle, même si très américain dans sa manière de penser.
On était rentré en voiture ensemble et il m’avait sucé durant tout le trajet. Alors que j’étais au volant … Je sais, je sais, c’est dangereux, mais il était bourré et bouillant, je n’ai pas pu résister. Le pire c’est qu’un ami à moi a totalement craqué dessus et c’était génant lorsque Philippe ne l’a pas remarqué une seconde et a passé son temps à me draguer.
Bref, j’ai dis à Alejandro que ça ne serais pas possible de me voir ces prochains jours, qu’un ami me rendait visite et que je voulais lui réserver du temps.
Ça aurait été très gênant que les deux se rencontrent !
D’ici quelques heures je vais le chercher à l’aéroport, c’est direct en bus d’Avenida de America, la station au bas de mon immeuble. Je vais lui faire une petite surprise, même si ça fait très couple alors qu’on ne se connaît pas si bien.
Ça me plait de me jeter à ses bras comme si c’était l’amour de ma vie

Jeudi 2 juillet :

J’ai commencé le traitement contre la syphilis. C’est une maladie de merde, hargneuse, ça va laissé une « cicatrice » dans mon sang durant au moins un an. Même si je redeviens négatif, ce sera toujours visible. J’ai eu peur de l’avoir refilé à Alejandro, où à tous les autres mecs avec qui j’ai couché dernièrement d’ailleurs, du coup, je leur ai écrit, un par un.
Walk of shame. Mais je n’aurais pas pu me regarder dans le mirroir si je ne leur avait pas dis. D’ailleurs, j’ai envie de savoir qui me l’a refilé ! Je pense que c’est Gauthier, pourtant on a pas vraiment baisé. Je me suis juste frotté à son magnifique petit cul, et j’ai du rentrer à peine un centimètre de mon gland, mais il était trop serré, ça m’a explosé. Bref, en plus je suis allergique à la péniciline, la syphilis ça se soigne normalement grâce à une simple piqure, hors là je vais devoir prendre des pillules plusieurs fois par jour, en évitant le lait et … le soleil !! Pratique à Madrid. Alejandro ne m’en veut pas, heureusement on c’est toujours protégé, il me dit que ça lui ai déjà arrivé et que ça n’est pas bien grave. Ouf.

En parrallèle de ça, l’Orgullo Gay a commencé hier. C’est incroyable, des milliers de gays réunis à Chueca pour faire la fête. C’est la gaypride mais qui dure sur plusieurs jours à Madrid, j’ai entendu dire que c’était la plus grande d’europe. Déjà que je sortais beaucoup, là c’est la folie. Philippe me rejoint à madrid jusqu’à dimanche. C’est un Québecois que j’ai rencontré en boite à La Java à Paris au début de l’été. Il est en roadtrip à travers l’europe, et il a décidé de profiter d’aller à Barcelone pour venir me voir. Il est présentateur télé (ou plutôt apprenti), extrêmement beau et drôle, même si très américain dans sa manière de penser.
On était rentré en voiture ensemble et il m’avait sucé durant tout le trajet. Alors que j’étais au volant … Je sais, je sais, c’est dangereux, mais il était bourré et bouillant, je n’ai pas pu résister. Le pire c’est qu’un ami à moi a totalement craqué dessus et c’était génant lorsque Philippe ne l’a pas remarqué une seconde et a passé son temps à me draguer.
Bref, j’ai dis à Alejandro que ça ne serais pas possible de me voir ces prochains jours, qu’un ami me rendait visite et que je voulais lui réserver du temps.
Ça aurait été très gênant que les deux se rencontrent !
D’ici quelques heures je vais le chercher à l’aéroport, c’est direct en bus d’Avenida de America, la station au bas de mon immeuble. Je vais lui faire une petite surprise, même si ça fait très couple alors qu’on ne se connaît pas si bien.
Ça me plait de me jeter à ses bras comme si c’était l’amour de ma vie

Lundi 6 juillet:

Je m’ennuie horriblement au boulot.
Philippe est partit hier soir et je suis plutôt triste. Je l’aime vraiment bien, plus qu’il ne m’apprécie d’ailleurs. Je me suis rendu compte que pour lui j’étais un amour de vacances et qu’il avait une réputation à tenir lorsque des amis à lui nous ont rendus visite et qu’il m’a dit d’être discret sur notre relation.
Je fais de la sérigraphie, mais il fait chaud, la clim’ marche mal, les clients ne sont pas intéressants, et pour tout avouer, je n’ai pas confiance en moi. C’est étrange, j’ai l’impression d’être bon pour créer des choses folles, répondre de manière originale à un sujet, mais là, dans le concret, tout me tombe des mains. Ici, je suis un bon exécutant quand je sais ce que je dois faire mais j’ai du mal à produire seul, alors que normalement c’est plutôt le contraire. Du coup je regarde des films, en faisant mine de pianoter intensément à mon clavier. On pourrait en faire un gif ! Et le soir, lorsque l’on fait un point, j’arrive toujours à broder, mais ils doivent voir que je ne suis pas passionné. Je ne me sens pas en confiance, et c’est dur de créer de cette façon. J’ai pas l’habitude d’être à un bureau à des heures données, cette chaleur me donne envie de dormir, et je ne sais franchement pas comment leur être utile. De plus, je dois avouer que je pense déjà à l’après, le japon, j’ai pris mes billets, et ça avance de plus en plus vite. J’ai agi sur un coup de tête, mais j’ai bossé comme un malade cette année, avec mes deux boulots en parallèle de mes études, et j’ai réussi à mettre pas mal d’argent de côté. Tous les ans je fais la même chose, je travaille comme un fou, étant en cours toute la journée puis au travail le soir et le week-end, 7 jours sur 7, et je me fais des voyages à couper le soufle.
Je ne suis encore jamais allé en Asie. J’ai par contre fait l’Amérique du sud, du nord, et pas mal de l’Europe. J’ai prévu de repasser par Paris, décharger ma valise, et repartir tout de suite après.
Les filles sont à l’appart, elles travaillent dans la même boite, on a tous trois le même rythme durant l’année, et quasiment les mêmes horaires. Je leur écrit parfois leur disant qu’elles me manquent, mais au fond, pas vraiment.
Je suis très solitaire sous mes apparences d’être social. Des centaines de personnes me suivent sur les réseaux sociaux, likent chacune de mes photos ou statut, mais finalement personne ne me connaît vraiment. Le social associal

Mercredi 8 juillet :

Je me suis réfugié chez Alejandro. Je l’ai désigné comme mon protecteur et sauveur. Je suffoque dans mon appartement qui n’a pas la climatisation dans les chambres. Du coup après plusieurs nuits à se retrouver tous endormis dans les canapés du salon, j’ai dit stop. Je ne suis pas venu pour être en colonie de vacances ! Quoi qu’il y a une légère drague avec Esteban. Sa copine (qui est prof et vit avec nous) est partie en camp d’été avec ses élèves. Il est seul, et on s’entend très bien. Il est un peu timide. J’aime bien les timides, je peux mener la conversation, ils me regardent toujours avec une pointe d’admiration, et en même temps ils ont beaucoup à dire. C’est souvent dur de les cerner.
Esteban a commencé à m’emmener dans tous ses lieux préférés. C’était assez intime, dans un petit bar à vin de Lavapiès par exemple, ou manger tous les deux, se balader. Je sais, je sais, ce n’est pas parce qu’il fait ça qu’il est gay ou a le moindre intérêt. D’ailleurs, c’est assez horrible de venir si vite à ce genre de conclusions. Chez les hétéros, on dit que l’amitié homme-femme n’est jamais possible, car il y a toujours en sous-tendu de la séduction, serait-il possible que le même sentiment sois présent dans une relation entre deux hommes lorsque l’un ou les deux sont gays ?

Mardi 14 juillet :

C’est drôle d’être dans un autre pays durant la fête nationale.

Le départ pour le Japon est imminent. La fin d’une époque. La vie est composée de périodes et l’on avance au travers d’elles, apprenant beaucoup à chaque fois.

Toujours avancer, ne jamais reculer. C’est ce que j’essaie de faire du moins, mais est-ce qu’en voyageant j’évolue vraiment ?
D’une certaine façon, je laisse en suspens ma vie parisienne. Mes relations là-bas stagnent, les gens continuent leurs vies avec laquelle je n’ai plus de lien. J’évolue de mon côté sans pouvoir le partager. Je reviens, changé, plein d’envie de renouveau, et ces quelques mois me permettent de revenir neuf, de changer ce dont j’ai envie. Je peux me présenter comme une nouvelle personne. Devenir qui je veux être. Qui je décide d’être.

Que retenir de ce séjour à Madrid ? Les tons chauds espagnols, la vie facile, toutes les rencontres que j’ai pu faire, Alejandro, Alexandra, Esteban principalement … Sortir tout le temps. Ne pas être axé seulement sur les études et le prestige que celles-ci amènent comme on nous fait miroiter en france. Qu’être soumis me fait bander. Que la prochaine fois que j’irais à Madrid, je prendrais un appart avec la clim’.

Mercredi 29 juillet 2015, Osaka :

Voilà quelques jours que je suis arrivé au japon. Déjà tellement de choses, de rythmes, de couleurs remplissent mon esprit. À peine arrivé, après une bonne vingtaine d’heures d’avion (eh oui, c’est ça de chercher les vols pas chers, on fait des escales) j’ai voulu prendre une douche. Quelle surprise d’entrer dans la salle d’eau entourée de tant de corps nus. Tous ces hommes, se baladant la queue à l’air sans complexe. En même temps, aucun ne se regardait, tous avaient les yeux baissés. Et parmi ces corps qui m’entouraient dans cette légère brume créée par les douches et la chaleur, une légère angoisse m’envahit. Une impression d’être entouré de morts. Aucun contact, aucunes paroles dans une pièce pourtant remplie et tous ces corps blancs, si blancs ! Comme toujours lorsque je voyage, j’ai ouvert grand mes yeux et regardé. J’ai pu voir comme les hommes qui étaient avec moi dans le couloir enlevaient leurs chaussures avant de rentrer sur le tatami, comme ils se mettaient à nu puis posaient leurs vêtements dans un panier d’osier avant de rentrer dans la salle d’eau. Comme ils se nettoyaient, assis face à un petit bac, toutes les parties de leurs corps, avant de se verser le bac sur la tête et de faire partir toute trace de savon, puis rentraient dans le grand bain en soupirant. J’ai copié chacune de ces actions, puis je suis rentré dans le grand bain et moi aussi j’ai soupiré. Si chaud, presque brûlant, et pourtant si bon. Au dernier étage de cette tour, surplombant Osaka, dans ce bain en pierre, j’observai la lune rouge au loin, mes muscles se détendant. Et j’ai compris, c’était un lieu de repos, pour se laver, certes, mais aussi se ressourcer. Toute la pression du voyage redescendait et j’étais déjà près à subir ce choc de culture tant attendu.
Choc, il n’y a pas eu. Peut-être par ce que j’ai déjà voyagé beaucoup et que j’ai appris à ouvrir les yeux, observer, comprendre calmement, peut-être que vivre dans le quartier chinois à Paris à habituer mes yeux et mes goûts, j’aime la nourriture d’Asie, et je trouve tellement délicat et précis l’utilisation des baguettes que je ne m’empêche pas de me perdre dans une des cantines de Porte de Choisy ou un des restaurant de la rue Sainte-Anne dès que l’occasion se présente.
Cela m’a tout de même ammené à me questionner. C’est dans ce bain, en observant ces hommes, qui n’hésitaient pas à se mettre nu mais pourtant n’osaient pas se regarder ou échanger un mot que le premier concept de ce voyage m’effleura l’esprit : la bipolarité japonaise.
Bipolarité, confrontation, oppositions, toute une série de choses s’affrontent dans ce pays. À peine arrivé à l’aéroport, la modernité était mêlée avec les traditions, entre les toits de tuiles anciennes et les formes d’un aéroport comme on pourrait en voir partout. Dans la ville, des vieilles maisons sortent une centaine de fils électriques, c’est un bordel sans nom, avec des enseignes attirant mes yeux, des crieurs remplissant mes oreilles, des centaines de rues sous mes pieds, et en même temps tout est extrêmement organisé. Une organisation que je n’ai pas encore comprise, mais vers laquelle je me rapproche, à chaque nouveau mot que j’apprends, chaque nouvelle posture ou règle de politesse. Cette opposition se fait même dans les couleurs, à Nara aujourd’hui, petite ville, ancienne capitale, entourée de nature, j’ai pu percevoir que beaucoup d’édifices étaient peints en rouges. Osé, au milieu de cette nature à majorité de vert, de peindre les édifices de la couleur complémentaire.

Dans la rue, des parapluies partout. Pourtant, il fait grand soleil. Mais justement, c’est de ça dont les japonais ont peur. Quoi de plus honteux que de bronzer, comme un travailleur des champs ? La peau blanche, innocente, comme la peau de porcelaine d’une poupée. Les Voila toutes, dehors, se mettant un peu de rouge sur les joues. Qu’elles sont belles et gracieuses, marchant par petits pas rapides. On dirait une marche de repenti, comme si toujours quelque chose pesait sur leurs épaules. Je me sens grand et fort, la tête droite, le buste bombé, mais aussi extrêmement vulgaire tout d’un coup. Comme un caillou dans l’eau calme. Arrêté au milieu de ce couloir, perdu, des centaines de personnes passant tout autour de moi, toutes plus petites d’au moins une tête, de sorte que je vois plus de crânes que de visages. J’essaie d’arrêter une ou deux personnes, c’est presque effrayés qu’ils m’évitent. Pourtant en France avec ma gueule d’ange, on me donnerait le bon dieu sans confession. Mais je commence à comprendre, peu de gens se parlent, s’arrêtent ou s’interpellent. Il n’y a pas même un vieux fou, légèrement éméché pour crier sur les passants. Je prends alors mon bout de papier où est écrit la station que je souhaite rejoindre, mon plus beau sourire, mes quelques mots de japonais et je m’attaque à engager la parole avec quelqu’un, un jeune de préférence, homme car il aura moins peur de ma carrure et ma barbe qui commence déjà à pousser et l’air cool en espérant qu’il parle anglais. Bingo ! Il m’emmène même jusqu’au quai, gentil et attentionné, se courbant une dizaine de fois en repartant. Quelle politesse, décidément, même si impossible d’engager la discussion.

Mardi 4 aout, Kobe :

En sortant de la gare de Kobe, je me retrouve face à une ville détruite. Des déchets partout, arbres déracinés, poteaux éléctriques au sol. Je me retrouve au milieu d’un champ de bataille sans qu’une seule fois personne ne m’ai prévenu. C’est étonné que je ne sois pas au courant que les policiers m’expliquent que Kobe était sur le chemin du typhon qui n’a pas fini de sévir. Ah? Un typhon? Great mate, je suis venu à Kobe pour ses spots de surf, ça promet de belles vagues !
C’est dans une auberge de jeunesse dévastée au bord de la plage, au loin de Kobe que j’ai posé mes affaires. L’auberge était aussi vide que magnifique. Entre le système de capsule et celui d’auberge à l’européenne. Il y a une paire de chaussure prommetteuse de vie à l’entrée. Après que la réceptionniste, jeune japonaise de 22 ans amoureuse de la france (ce qui est loin d’être rare ici), m’ai fais faire le tour je me met au balcon pour fumer une cigarette. Le balcon est très large, en bois et surplombe la plage de quelques mètres. Le vent est fort. En contrebas, la plage est dévastée. L’auberge est neuve, d’à peine deux ans, et ça se voit car au milieu de ce désastre, c’est bien la seule à ne pas avoir de dégats. Il y a des déchets partout sur le plage, des poutres de bois longues de deux mètres. Et il y a un fou. J’ai mis quelques secondes à comprendre qu’il y avait bel et bien un mec en train de surfer. Sans combinaison, en short de bain lui descendant sous les genoux, blond, et mon dieu, une musculature à se damner. Apparement Thor a eu la même idée que moi. J’étais un peu refroidit par le danger, mais le voir comme ça surfer sans peur dans ces grandes vagues, de ces bouts de bois pouvant l’assomer, ça me donne envie de faire de même. Et puis, qui sait, il finira peut-être par me faire du bouche à bouche.
Je balance ma clope, me fou à poil en moins de trois minutes, enfile mon maillot, choppe une planche dans la réserve et me balance à l’eau. C’est gelé. Il est fou de ne pas avoir pris de combinaison. C’est avec un grand sourire qu’il vient directement vers moi, Myles. C’est un anglais, ayant grandit en Irlande avant d’aller vivre en Australie, qui est comme moi sur les routes japonaises. Putain, vus de prêt ces abdos sont encore plus incroyables. Ça me fou la trique de le voir là, totalement naturel, rieur, content de me voir, assis sur la planche. On passe bien une demi-heure dans l’eau à prendre des vagues et lutter contre les éléments avant de rentrer, épuisés, se prendre une bière. D’ici un ou deux jours ce sera totalement calmé alors il faut en profiter me dit-il. J’ai une griffure le long du bras jusqu’à l’épaule, alors il s’occupe de me désinfecter avec ses mains douces. Ça me perturbe, je suis gêné mais ça me plait. J’essaie d’agir normalement mais j’ai un peu chaud et je deviens étrange. Je suis sur qu’il a décelé mon gêne. Au cours de la soirée je comprend qu’il est hétéro. Bah, j’en ai retourné d’autres des hétéros. Mais il est aussi tellement gentil. J’ai envie de dormir dans ses bras et qu’il me protège. En plus de ça il est drôle est intelligent. Il me dit qu’il n’a encore rien prévu pour la suite de son séjour, je lui fais part de mon envie de faire une partie du voyage à moto et descendre jusqu’à Yamaguchi ou même Fukuoka. A vrai dire, moi non plus je n’ai rien prévu, et ça me plairait d’avoir un compagnon de voyage. Surtout aussi sexy que lui …

à suivre..