Allongé au bord de la piscine, les yeux fermés et les sens endormis, je laissai l’été griller ma peau.

Air lourd, immobile. Les cigales brûlaient.

Au loin quelques enfants jouaient, sans doute dans un jardin voisin. Des bruits dans la cuisine, par delà la haie. Une portière qui claque. Un départ pour la plage.

Les paupières closes, je restai étendu à mesure que les sons disparaissaient.

– qu’est ce qu’il a, Anselme ? Il a mal dormi?

Non, Anselme boudait.

À cause d’une chute idiote dans les rochers, j’avais gagné une merveilleuse jambe dans le plâtre. Les copains avaient ri, et j’avais décidé de rester cloîtré. Les regarder pratiquer le kite ou la voile, les fesses assises sur le sable qui grattait m’avait démoralisé.

Je bougeai un peu. La sueur commençait à glisser le long de mon flanc. En plein après midi, sans ombre, je cuisais.
J’aimais cette torpeur. Qui engourdissait mes sens. Je me sentais sensible et délassé. Ma respiration était calme. Suspendue. Profonde.
Dans mon short de bain, mon sexe se sentait bien.

Il n’y avait plus personne. Laissé seul à la maison, protégé par la haie, chacun vaquait à ses occupations.

Je dus m’endormir. Peut-être longtemps.

Puis le bruissement des feuilles dans la haie parvint à mon attention. Lointain. Distant. Quelques pas discrets. Foulement léger de l’herbe sèche, crissante sous les pieds nus.

Une présence à mes côtés. Avant de sentir un souffle. Une trace de doigts, légère sur le tissus de mon maillot de bain.

Était-ce mon sommeil et ma léthargie profonde qui m’avait rendu si détendu ? Mon sexe apprécia ce contact, et le fit savoir.
Les yeux fermés, je n’étais pas sûr de ne pas rêver.
Les caresses étaient douces. Aériennes. J’entendais une faible respiration, mesurée, contenue.
Presque un frôlement.

La chaleur écrasante me conforta encore. Les lents va et viens sur mon membre à présent bien réveillé me firent échapper un soupir d’aise. J’écartai les jambes. Un peu. Suffisamment pour que la main ose, et rejoigne la peau moite à l’intérieur de mes cuisses.
Je tressaillis. La main était douce.

Elle remonta sous le tissu, comme si c’était interdit. Chaque doigt caressait ma peau, parcelle par parcelle. Je me consumais d’impatience.

Et serrai les lèvres pour ne pas gémir.
Lorsque le bout de ses doigts rencontra la chair brûlante de mon sexe tendu, je retins mon souffle. La main s’en empara. Doucement d’abord. Comme d’une chose précieuse. Le pouce découvrant mon gland, jouant avec l’extrémité tendre et sensible. Je me retins de me crisper.

Puis les mouvements reprirent, lentement. Appuyés. Mon membre bien serré dans cette étreinte douce, j’avais envie d’être embrassé. Malgré moi mes fesses se contractaient. Je voulais plus. De proximité. De contact avec ce corps que je sentais si proche.
De cette odeur de menthe fraîche qui émanait de lui.

Je ne pus retenir un râle, alors que mon ventre brûlait.

Une halte. La main se retira.
Je m’immobilisai, sans ouvrir les yeux. Avais-je été trahi ?

Puis je sentis les doigts se poser sous mon nombril. Contact de chair à chair qui me fit tressaillir. Avant de s’insinuer sous l’élastique de mon maillot de bain pour le faire glisser.

Des lèvres embrassèrent mon membre frémissant. J’eus envie de l’attraper, lui qui posait sa langue légère sur mon sexe plein de désir. J’étais pris à mon propre piège. Je ne pouvais que me laisser faire, abandonné.

La bouche humide enveloppait mon sexe dur et fébrile. De longs va et viens laissèrent place à sa main. Je sentis son souffle, son visage entre mes cuisses alors que je lui répondais. Puis sa langue s’insinua plus bas, caressant avec désir la base de mon membre, humidifiant mes bourses à mesure qu’elle jouait avec.

Son autre main s’était emparé de mes fesses, et me caressait à mesure qu’il décuplait mon envie. Je ne pus résister davantage. Je me cambrai, à mesure que la jouissance montait en moi. J’attrapai sa tête. Ses cheveux, courts et doux, son cou moite et la peau sensible. Je l’enveloppai de mes bras, alors que mon sexe s’enfonçait dans sa bouche avec avidité. Ses mains sur mes bourses, sous mes fesses, et ses lèvres resserrées autour de mon membre mûr, prêt à exploser, eurent raison de moi.

Dans une ultime secousse, je laissai échapper de longs jets en me crispant à lui. Il lécha mon sexe à mesure que celui-ci palpitait. Et que je récupérais mon souffle.

Doucement, il se releva, et vint s’allonger sur moi. Il ne pesait pas très lourd, et emmêla nos jambes. Mes yeux s’ouvrirent sur une vision brouillée. J’avais une assez bonne idée de mon gentil assaillant, mais je voulais le voir.
Je ne découvris que des mèches châtains. Son visage enfoui dans mon cou, il murmura :

– Tu me plais trop, mais j’osais pas te le dire…

Alors c’était cela. De tous les copains, il était celui qui avait paru le plus peiné de me voir exilé… Je n’avais pas osé espérer…J’avais été idiot.
Je lui caressai doucement les cheveux en souriant.

– Toi aussi tu me plais. Et maintenant, y’a plus moyen que je te partage avec les copains de tout l’été… !